Histoire et Patrimoine

L’Histoire de SAINT-GERMAIN EN COGLES

Le Coglais tirerait son nom d’une peuplade d’origine italienne,     les " Cogliori " qui seraient venus s’établir ici lors de l’arrivée des romains en Bretagne, dans une enclave entre Redones au Sud et les Abrincates au Nord et dont la capitale était Coglès.

Cette circonscription gallo-romaine s’est ensuite maintenue pendant tout le Moyen-âge. Elle a porté le nom de « Sanctus Germanus de Cogleiss » jusqu’au 12 ème siècle.

Une autre origine est donnée. Saint-Germain-en-Coglès viendrait de Saint Germain, évêque d’Auxerre au Vème siècle, et du breton "coglez" (nord)

Le dolmen du Rocher Jacquau est le témoin d’un site mégalithique qui était un monument funéraire.

La légende nous enseigne que ces rocs étaient les matériaux que les démons venaient chercher pour bâtir le Mont St Michel.

La nuit tombée ces lieux recevaient la visite de biens curieux personnages.

 De nombreuses haches en bronze, découvertes au Mont-Baron et les restes de la villa de Marvaise témoignent d’une présence humaine à l’époque préhistorique et gallo-romaine.

Dès le XIIème siècle, l’église de Saint-Germain (Saint-Germain-en-Coglais) appartenait aux religieux de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur, qui l’unirent à leur prieuré de Saint-Brice. Cette possession fut confirmée par plusieurs papes et évêques.

Du temps de Froger, abbé de Saint-Florent (1160-1166), Etienne, évêque de Rennes, mit les parties d’accord en ordonnant qu’Hamelin jouierait de ces dîmes durant sa vie.

Après la mort du prélat les discussions recommencèrent entre l’abbaye de Saint-Florent et Hamelin. Cette fois, le Saint-Siège délégua Robert, évêque de Nantes (1171-1183), pour trancher le différent. Celui-ci décida qu’Hamelin Bérenger percevrait durant sa vie les dîmes et les oblations de Saint-Germain, mais l’obligea à fournir aux moines 20 mines de grain, 4 de froment, 6 d’avoine et 10 de seigle, et leur payerait 10 sols pour les oblations. Hamelin continua à se montrer récalcitrant et l’évêque de Nantes lui retira la jouissance des dîmes et des oblations de Saint-Germain-en-Coglès moyennant une pension que s’engagea à lui payer l’abbaye de Saint-Florent.

Malgré cette décision, les religieux de Saint-Florent ne conservèrent par la suite qu’une portion des dîmes de Saint-Germain-en-Coglès  qu’ils abandonnèrent au prieur de Saint-Brice. Dès l’an 1205 l’évêque de Rennes, donna à son Chapitre la plus grande partie des dîmes de Saint-Germain.

Un siècle plus tard, Gaultier de Saint-Patern, chanoine de Rennes et ensuite évêque de Vannes, obtint du Saint-Siège l’union de l’église de Saint-Germain au Chapitre de Rennes pour subvenir aux frais du pain canonial. En reconnaissance, ce Chapitre fonda un anniversaire pour Gaultier de Saint-Patern, qui mourut en 1357.

                                                          Le Bas-Châtellier (propriété des seigneurs du Châtellier en 1050), Marigny (érigée en châtellenie vers 1572 en faveur de Michel Harpin, président au Parlement de Bretagne) et le bourg sont des terres seigneuriales. La seigneurie du Bas-Chastellier appartint successivement aux familles du Chastellier, de Malenoë, Le Roy, Becdelièvre du Bouexic, d’Andigné et de Saint-Gilles.

En 1593, année où Henri IV abjure le protestantisme, les moines de Saint-Sauveur des Landes quittent leur prieuré et trouvent refuge à Saint-Germain-en-Coglès, dans le bois de la Carrée. 

Pendant la Révolution, le district de Fougères considère que les Germanais ont un esprit mauvais et fanatisé. Le recteur Davoine, prêtre constitutionnel, cohabite avec des vicaires réfractaires. N’ayant pas la confiance de ses paroissiens, il est contraint de quitter Saint-Germain-en-Coglès.

Le manoir de la Carrée et le château de Marigny sont à la tête des principales ségneureries de St Germain en Coglais. La famille de Harpin puis Geffelot sont propriétaires du domaine de Marigny. Les Pontavice de Heussey sont les maîtres de La Carrée.

 Pendant la Révolution ces domaines sont pillés.

En 1796, le château de Marigny abrite une rencontre entre le général de Puisaye et plusieurs chefs chouans.

Entre 1794 et 1846, ce bourg de cultivateurs et carriers passe de  2 400 à 2 700 habitants. Dans le domaine du granit, l’entreprise familiale et artisanale devient industrielle.

Sur cette terre de légendes, le diable et le bon Dieu se croisent près des pierres et des fontaines. Ainsi, aux Couardes, il est dangereux de se trouver sur le chemin de la pierre qui descend boire au ruisseau pendant la nuit de Noël.

Le nom du village est Saint-Germain-de-Coglais qui perdure jusqu’au milieu du XIXe siècle.

En 1851 une nouvelle église est érigée, un incendie détruit partiellement le bourg, et le chemin de fer dessert St Germain en Coglès.

Au début du XX ème siècle 42.6 % ont moins de 20 ans, 59%  des habitants sont cultivateurs, l’industrie du granit représente 9% de la main d’œuvre, trois religieux officient, un chef de gare, deux facteurs, sont en service.

Une école publique accueille les enfants.

Dans les bois du manoir de Saint-Germain on voit une fontaine et une tombe dites de l’Ermite. Si l’on en croit les habitants, c’est là que vécut et que fut inhumé un prêtre ermite mort en odeur de sainteté après une vie passée dans la solitude et dans la mortification (Pouillé de Rennes).

 

XX ème siècle

St Germain en Coglès eut beaucoup de ses enfants envoyés au front pour la « Drôle de guerre », certains n’en revinrent pas.

Lors de la seconde, nombre de jeunes furent, soit envoyés au combat, soit prisonniers, soit enrôlés au STO, d’autres malheureusement eurent leur destin brisé.

Encore aujourd’hui quelques germanais nous content leurs souvenirs et sont la mémoire et la richesse d’une époque.

Ainsi certains furent envoyés dans des fermes de la région de Hambourg et par leur pugnacité, leur sens de survie, purent endurer cette captivité. Certains se retrouvèrent, s’entraidèrent, s’évadèrent et regagnèrent leur village après la libération.

St Germain ne fut pas occupé, mais des éléments allemands de passage réquisitionnèrent certaines habitations pour quelques nuits. En juin 1944, des camionnettes, elles aussi, réquisitionnées par l’armée allemande sont garées sur la place du bourg. Trois hommes sont en train de saboter un de ces véhicules quand l’aviation alliée attaque et détruit les camionnettes. Ce mitraillage fit un blessé et deux civils tués.

La région affirma sa vocation agricole et devint une zone de production laitière importante. L’industrie du granit se développa, caractérisée par un tissu de petites entreprises familiales.

Au  XXème siècle, le Coglais, se retrouva au centre de toutes les préoccupations pour une toute autre raison : l’eau.

Le secteur des communes de St Germain en Coglès et de Le Châtellier est en effet une source historique de captage en eau de la ville de Rennes depuis 1883. Près de 42km de drains et d’aqueduc dirigent toujours l’eau en pente douce vers la capitale bretonne.

La fin des années 90 a vu s’abattre la tempête du siècle.

Dans la nuit du 26 décembre 1999 « un phénomène à l’extrême du possible » a ravagé le continent européen.

La commune de   St Germain en Coglès  fut particulièrement touchée.

Arbres arrachés, cassés, toitures envolées, pylônes à haute tension couchés, vrillés. Au petit jour apparaissait un spectacle de désolation.

L’intervention des moyens de l’armée, d’EDF et l’entraide des germanais parèrent au plus pressé.

Cette tempête avait dessiné un couloir de destructions particulièrement importantes qui passait par les hameaux du Rocher Jacquau et de Méziron.                                                   

Certaines et certains sont marqués

à jamais par la violence des éléments qui ce sont déchainés cette nuit là et qui prouve que nul ne peut lutter contre les éléments déchainés.

La nature est la maîtresse de la vie.

XXI siècle

Le début des années 2000 voit l’ouverture de l’A84 qui met Rennes à 35 mn de route.

Rennes est le poumon économique, médical et culturel de la région et exerçe une attraction certaine du Coglais.

Cette voie de communication essentielle pour le développement économique draine de nombreux germanais sur la capitale bretonne qui offre des opportunités d’emploi et de carrière.

 

Plusieurs personnalités ont séjournés à St Germain en Coglès

 

A – Chateaubriand 1768 – 1848

Le chevalier de Chateaubriand, écrivain de renom, réside à plusieurs reprises dans le pays de Fougères et en particulier chez sa sœur aînée à Marigny.

« J’aimais toujours la campagne et celle de Marigny était charmante » est une phrase des Mémoires d’outre-tombe.

 Ses œuvres sont des classiques de la littérature française.

Une lettre de sa mère mourante le ramène à la religion. De retour en France en 1800, il dirige pendant quelques années le Mercure de France avec Jean Pierre Louis Fontanes  et y fait paraître, en 1801, Atala création originale qui suscite une admiration universelle.

Il compose vers la même époque René. Dans cette œuvre, il rapporte de manière à peine déguisée l’amour chaste mais violent et passionné qu’il a entretenu pour sa sœur Lucile.

Il publie ensuite le 14 avril 1802 le Génie du christianisme, en partie rédigé en Angleterre. Il y montre que le christianisme, bien supérieur au paganisme par la pureté de sa morale, n’est pas moins favorable à l’art et à la poésie que les « fictions » de l’Antiquité.

Ce livre fait événement et donne le signal d’un retour du religieux après la Révolution.

Chateaubriand, remarqué par le Premier Consul , est choisi en 1803 pour accompagner le cardinal Fresh à Rome comme secrétaire d’ambassade.

Chargé en 1804 de représenter la France près de la République du Valais, il apprend l’exécution du Duc d’Enghien. Il donne immédiatement sa démission et passe dans l’opposition à l’Empire. Lors du sacre de l’empereur il va chez son ami Joubert à Villeneuve sur Yonne où il écrit plusieurs chapitres des Martyrs et des passages des Mémoires d’Outre-tombe.

B – Marie-Anne de Chateaubriand 1760 – 1860

Marie-Anne de Chateaubriand, sœur aînée de l’écrivain, épouse en 1780 François de Geffelot et devient comtesse de Marigny. En pleins troubles révolutionnaires, elle ose ouvrir son château pour des conseils de guerre chouans et sa chapelle pour une retraite de communion destinée aux enfants de Saint-Germain et des alentours. Dans sa correspondance, elle évoque Marigny, lieu où elle a passé des jours heureux. Elle meurt à Dinan après avoir fêté son centenaire.

C – Duval 1760 – 1825

François-Louis Duval est né à La Tertrais dans une famille de cultivateurs. Des études à Rennes puis à Paris lui permettent de devenir chirurgien, profession qu’il exerce à Rennes. Excellent praticien, il fonde une société d’enseignement médical qui sera à l’origine de l’Ecole de médecine de la ville.

 

D – Balzac 1799 – 1850

Son séjour à Fougères en 1828 a pour but de collecter des éléments destinés à la rédaction de son roman Les Chouans. L’aspect de l’ancien château de Marigny et le site des Couardes l’inspirent pour des descriptions que l’on reconnaît dans l’ouvrage.

Honoré de Balzac est un des maîtres incontestés du roman français dont il a abordé plusieurs genres : le roman historique, politique avec Les Chouans, le roman  philosophque avec Le Chef d’Oeuvre Inconnu, le roman fantastique avec La Peau de chagrin, le roman poétique avec Le lys dans la vallée.

Mais ses romans réalistes et psychologiques les plus célèbres comme Le père Gloriotou Eugénie Gandet qui constituent une part très importante de son œuvre.

Les études balzaciennes récentes soulignent le romantisme de Balzac et la poétique de ses romans, notamment dans Le lys dans la vallée, ainsi que l’inspiration fantastique, voire mystique, qui imprègne nombre de ses romans ou nouvelles, et qui, selon Jacques Martineau, « ne disparaît jamais totalement de la Comédie humaine depuis La Peau de Chagrin et La messe de l’athée jusqu’à Louis Lambert »

Balzac a organisé ses œuvres en un vaste ensemble, La comédie humaine, dont le titre est une référence à La divine comédie de Dante. Son projet est d’explorer les différentes classes sociales et les individus qui les composent.

Il a réuni ses textes dans des ensembles génériques : Études de mœurs, Études analytiques, Études philosophiques. Il attachait une énorme importance aux Études philosophiques qui permettent de comprendre l’ensemble de son œuvre 

La Peau de chagrin représentait selon ses propres termes « la clé de voûte qui relie les études de mœurs aux études philosophiques par l’anneau d’une fantaisie presque orientale où la vie elle-même est prise avec le Désir, principe de toute passion. »

 

 

E – Gilbert de Pommereul 1774-1860

Gilbert de Pommereul, militaire sous l’Empire, est nommé officier de la Légion d’honneur en 1812. Il est surtout connu pour avoir reçu Balzac à Fougères et Saint-Germain-en-Coglès en 1828 lorsque l’écrivain prospectait dans la région pour son roman Les Chouans. Mort à Marigny et inhumé dans la chapelle Saint-Jacques.

G – du Pontavice de Heussey

Marie-Hyacinthe-Olivier du Pontavice de Heussey (1788-1873) a vécu plus de 55 ans au manoir de La Carrée. Noble, agriculteur, père de famille, conseiller municipal, c’est néanmoins un personnage atypique qui n’hésite pas à recourir à la justice pour gérer ses affaires. Fondateur d’un cimetière particulier pour ses enfants, il se fait inhumer à proximité dans un rocher non béni.

                         Son fils Hyacinthe (1814-1876) publie Paris  des recueils de poésies et  son berceau familial l’inspire parfois.

 Dans un charmant poème baptisé Le cimetière du bois, il rend hommage à son père. Talentueux mais peu connu, il tente aussi le suffrage universel à Tréguier et Fougères. Mort à Londres et inhumé dans les bois de Saint-Germain-en-Coglès.

 

I – Guéhenno 1890 – 1978

Né à Fougères le 25 mars 1890,  de parents ouvriers dans l’industrie de la chaussure, ils confient leur fils à une nourrice de Monhabeul.

Jeune, l’enfant séjourne à Painel. Dans ses ouvrages Journal d’un homme de quarante ans (1934) et Changer la vie (1961), Jean se souvient de son enfance à  et de sa nourrice dévouée.

             Jean Guéhenno a raconté dans Changer la vie son enfance pauvre. Fils d’un cordonnier fougerais, il fut contraint d’abandonner l’école à quatorze ans pour s’engager comme ouvrier dans une usine de galoches, ce qui ne l’empêcha pas de continuer à étudier seul, après ses journées de travail. Il obtint son baccalauréat, puis réussit le concours d’entrée à l’École normale supérieure, et enfin l’agrégation.

Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale,  Jean Guéhenno devient professeur de Khâgne (littérature) aux lycées Lakanal, Henri-IV et Louis-le-Grand.

Jean Guéhenno se consacra par ailleurs à la critique littéraire — à travers notamment une étude approfondie de l’œuvre rousseauiste— et à l’écriture de nombreux ouvrages, dans lesquels il proposait un humanisme original. Citons entre autres L’Évangile éternel (1927), Caliban parle (1928), Jean-Jacques en marge des Confessions (1948), Jean-Jacques, roman et vérité (1950), Jean-Jacques, grandeur et misère d’un esprit (1952), La Foi difficile (1957), Jean-Jacques, histoire d’une conscience (1962), Caliban et Prospero (1969).

C’est à cet humanisme ( Jean Jacques Rousseau ) que ressortit l’engagement politique de Jean Guéhenno entre les deux guerres. En 1927, il signe avec d’autres illustres intéllectuels la pétition contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Cette pétition paraît dans le numéro du 15 avril de la revue Europe dont il deviendra le directeur de 1929 à 1936. Puis il fonde l’hebdomadaire Vendredi. Son engagement devait tout naturellement le conduire à rejoindre la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Il poursuivit clandestinement pendant les années noires son activité littéraire, sous le pseudonyme de Cévennes.

Au Figaro, journal de droite, après 1945, il resta fidèle à l’exigence morale et à la rigueur qui avaient marqué sa jeunesse, et que l’on trouve exprimées dans la part autobiographique de son œuvre : Journal d’un homme de 40 ans (1934), Journal des années noires, 1940-1944 (1947), Carnets du vieil écrivain (1971).

Jean Guéhenno fut élu à l’Académie française le 25 janvier 1962.

Jean Guéhenno est mort à Paris le 22 septembre 1978.

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